Le trou anionique urinaire est un calcul de dépistage rapide effectué à partir d’un échantillon ponctuel : sodium urinaire plus potassium urinaire moins chlorure urinaire. Il aide à localiser la cause d’une acidose métabolique à trou anionique normal. Ce calculateur établit le trou et classe le résultat comme négatif, proche de zéro ou positif.
Fonctionnement du trou anionique urinaire
Le trou anionique urinaire se calcule ainsi : UAG = UNa + UK − UCl, à partir des électrolytes d’un échantillon d’urine ponctuel, tous exprimés en mEq/L. C’est un indicateur indirect de l’excrétion urinaire d’ammonium (NH4+) : l’ammonium n’est pas mesuré directement lors d’un bilan urinaire courant, mais il est excrété avec le chlorure. Une concentration de chlorure urinaire relativement élevée par rapport à la somme sodium + potassium rend le trou calculé négatif et suggère une excrétion importante de chlorure d’ammonium, donc une réponse rénale adaptée à l’acidose.
Un trou anionique urinaire positif indique que le chlorure urinaire est relativement bas, ce qui peut traduire une excrétion d’ammonium diminuée et évoquer une cause rénale telle qu’une acidose tubulaire rénale (ATR). Un résultat négatif oriente vers une cause extrarénale, généralement digestive, comme une perte de bicarbonates due à une diarrhée.
Les données saisies et leur signification
Le sodium urinaire (UNa) et le potassium urinaire (UK) sont les cations mesurés dans l’urine, tous deux en mEq/L. Le chlorure urinaire (UCl) est l’anion mesuré et la valeur la plus directement liée à l’excrétion d’ammonium.
Les trois valeurs doivent provenir du même échantillon d’urine, généralement un prélèvement ponctuel plutôt qu’une collecte chronométrée, car le trou anionique urinaire est une estimation de dépistage fondée sur un rapport, et non une mesure d’excrétion absolue.
Limites et cas particuliers
Le trou anionique urinaire est un outil de dépistage, pas un diagnostic. Il n’est pertinent qu’après confirmation d’une acidose métabolique à trou anionique normal (trou anionique sérique normal) ; consultez l’onglet « Comparaison avec le trou sérique » pour comprendre la différence entre les deux examens. Les valeurs proches de zéro ne distinguent pas de façon fiable une cause rénale d’une cause digestive. Le trou anionique urinaire peut aussi être peu fiable en cas de pH urinaire élevé (bicarbonaturie), de cétonurie ou d’anions urinaires non mesurés (par exemple après une exposition au toluène) ; dans ces situations, le trou osmolaire urinaire estime plus directement l’excrétion d’ammonium.