Le trou anionique est un calcul de dépistage rapide effectué à partir d’un bilan métabolique de base — sodium moins la somme du chlorure et du bicarbonate — qui signale l’accumulation possible d’acides ou d’autres anions non mesurés dans le sang. Ce calculateur fournit les versions standard et avec potassium, puis compare le résultat aux plages normales.
Fonctionnement du trou anionique
Le trou anionique est calculé selon AG = Na − (Cl + HCO3), à partir des résultats d’un bilan métabolique de base courant. Emmett M. et Narins R. G. en ont formalisé l’usage clinique dans un article marquant publié en 1977, à partir du principe d’électroneutralité : le total des cations mesurés doit être à peu près égal au total des anions mesurés, auquel s’ajoute un écart composé d’anions non mesurés (principalement l’albumine sérique).
Un trou anionique normal est d’environ 8 à 12 mEq/L (ou 12 à 16 mEq/L si le potassium est inclus dans la formule). Lorsque le trou anionique dépasse la normale, cela indique qu’un acide non mesuré — comme des cétoacides, du lactate ou un alcool toxique — a remplacé le bicarbonate, ce qui correspond à une acidose métabolique à trou anionique élevé.
Données et signification
Le sodium (Na) et le chlorure (Cl) sont les principaux cation et anion mesurés, en mEq/L. Le bicarbonate (HCO3) est l’anion tampon; sa concentration est directement touchée par l’acidose métabolique.
Le potassium (K) est facultatif. L’ajouter à la formule augmente le trou calculé d’environ sa concentration; la plage normale incluant le potassium est donc environ 4 mEq/L plus élevée que la plage standard. Les deux conventions sont acceptables, à condition de les appliquer uniformément et d’utiliser la plage normale correspondante.
Limites et cas particuliers
Le trou anionique est un outil de dépistage, pas un diagnostic. L’albumine sérique est le principal anion non mesuré; une hypoalbuminémie réduit donc le trou indépendamment de l’équilibre acido-basique. Chez les patients ayant une albumine basse, notamment les personnes gravement malades ou dénutries, il est plus précis d’utiliser un trou anionique corrigé (ajouter environ 2.5 mEq/L pour chaque 1 g/dL d’albumine sous la normale). La variabilité des analyses, les cations non mesurés (lithium, paraprotéines IgG du myélome multiple, par exemple) et une intoxication au bromure peuvent également modifier le résultat. Un trou anionique normal n’exclut pas une acidose métabolique : l’acidose à trou normal (hyperchlorémique) est un profil distinct et courant.