Le module de cisaillement (G), aussi appelé module de rigidité, mesure la résistance d’un matériau à une déformation de forme sous l’effet d’un glissement ou d’une torsion. C’est une constante élastique fondamentale en génie mécanique et structurel : elle sert notamment à dimensionner des arbres soumis à la torsion et à prévoir le comportement d’un assemblage boulonné sous charge. Ce calculateur détermine G de deux façons et permet de calculer toute variable manquante.

Fonctionnement du calculateur de module de cisaillement

Le calculateur propose deux méthodes indépendantes pour obtenir la même grandeur physique. La première, G = τ / γ, utilise la contrainte et la déformation de cisaillement mesurées directement lors d’un essai de torsion ou de cisaillement ; c’est l’analogue en cisaillement de la relation entre contrainte et déformation en traction pour le module de Young. La seconde, G = E / (2(1 + ν)), déduit le module de cisaillement du module de Young et du coefficient de Poisson, deux constantes élastiques beaucoup plus souvent publiées dans les fiches techniques des matériaux que les résultats d’essais directs de cisaillement. Pour un matériau élastique isotrope, les deux formules décrivent le même G et devraient donner des résultats très proches si les valeurs réelles de E et de ν sont utilisées.

Signification des données saisies

La contrainte de cisaillement (τ) se saisit en mégapascals : c’est la force tangentielle par unité de surface qui fait glisser les couches du matériau les unes par rapport aux autres. La déformation de cisaillement (γ) est un rapport sans unité qui décrit la déformation angulaire obtenue ; les valeurs élastiques typiques sont faibles, souvent très inférieures à 1 % (0.01). Le module de Young (E), saisi en gigapascals, représente la rigidité en traction. Le coefficient de Poisson (ν) est sans unité et se situe généralement entre 0.2 et 0.35 pour les métaux courants, et près de 0.5 pour les matériaux presque incompressibles comme le caoutchouc.

Limites et cas particuliers

Les deux formules supposent que le matériau est isotrope (ses propriétés ne dépendent pas de la direction) et qu’il reste dans le domaine élastique, c’est-à-dire sous sa limite d’élasticité, sans plastification. La formule contrainte/déformation n’est pas définie lorsque la déformation de cisaillement est nulle. La formule E/ν n’est pas définie pour ν = −1, valeur qui ne se rencontre pas dans les matériaux ordinaires. Les matériaux composites, anisotropes ou renforcés de fibres (comme le bois ou la fibre de carbone) n’ont pas un unique module de cisaillement valable dans toutes les directions ; les formules isotropes du calculateur ne donnent donc qu’une approximation pour ces matériaux.