L’allongement mesure l’étirement d’un matériau lorsqu’on le tire — autrement dit, le déplacement réel d’un câble, d’un boulon ou d’une tige sous charge. La formule ΔL = FL/(AE) relie cet étirement à la force appliquée, à la géométrie de la pièce et à la rigidité du matériau.

Origine de la formule

ΔL = FL/(AE) est la loi de Hooke réarrangée pour un élément soumis à une charge axiale. La loi de Hooke indique que, dans le domaine élastique d’un matériau, la contrainte est proportionnelle à la déformation : contrainte = E × déformation, soit (F/A) = E × (ΔL/L). En isolant ΔL, on obtient ΔL = FL/(AE). Chaque variable a un effet intuitif : une force plus élevée (F) augmente l’allongement ; une pièce plus longue (L) contient davantage de matière à étirer et s’allonge donc davantage en valeur absolue ; une section plus grande (A) répartit la même force sur davantage de matière et réduit l’allongement ; un matériau plus rigide (E plus élevé) résiste davantage à l’étirement.

Lire le résultat : allongement absolu ou en pourcentage

L’onglet Allongement indique ΔL comme une distance absolue, utile pour connaître le jeu consommé par un boulon ou un câble qui s’étire. L’onglet Pourcentage exprime le même étirement comme fraction de la longueur initiale, la mesure généralement utilisée pour spécifier la ductilité dans les fiches techniques (par exemple, « allongement minimal à la rupture de 20 % » pour un acier de construction). Les deux valeurs décrivent la même déformation ; le pourcentage d’allongement est simplement indépendant de la longueur et permet de comparer des pièces de longueurs différentes.

Rester dans le domaine élastique

ΔL = FL/(AE) n’est valable que tant que le matériau reste élastique, c’est-à-dire qu’il reprend sa longueur initiale lorsque la charge est retirée. Si la contrainte (F/A) dépasse la limite d’élasticité du matériau, la relation cesse de s’appliquer : le matériau se déforme de façon permanente (déformation plastique) et cette formule linéaire ne prédit plus son allongement réel. En pratique, les ingénieurs maintiennent la contrainte de service bien en dessous de cette limite (voir le calcul du coefficient de sécurité) afin que la formule reste précise et que la pièce retrouve sa forme initiale après déchargement.