La loi de Raoult établit le lien quantitatif le plus simple entre la composition d’une solution et sa tendance à s’évaporer : la pression de vapeur d’un composant au-dessus d’une solution est égale à sa fraction molaire multipliée par sa pression de vapeur à l’état pur. Elle explique pourquoi la dissolution d’une substance dans un liquide freine son évaporation et constitue le fondement de la distillation, des calculs d’humidité et des autres propriétés colligatives.

Fonctionnement de la formule

Dans un liquide pur, les molécules à la surface s’échappent constamment vers la phase vapeur et s’y condensent de nouveau, jusqu’à atteindre une pression de vapeur d’équilibre P°. Lorsqu’on ajoute un soluté, une partie de la surface est occupée par ses particules plutôt que par le solvant : à chaque instant, moins de molécules de solvant peuvent s’échapper, et la pression de vapeur baisse en proportion directe de la part de solvant restant dans la solution. Cette proportion correspond exactement à la fraction molaire du solvant, d’où la relation P = X_solvent·P° pour les solutions idéales.

Le même raisonnement s’applique aux mélanges dont les deux composants sont volatils : la présence de chaque composant à la surface est proportionnelle à sa fraction molaire. Chacun apporte donc sa propre pression de vapeur pondérée par sa fraction molaire, et la pression totale est la somme des deux contributions.

Valeurs saisies et signification

La fraction molaire doit être comprise entre 0 et 1. Dans une solution à deux composants, les fractions molaires du solvant et du soluté totalisent toujours exactement 1 ; le calculateur peut donc déduire automatiquement l’une à partir de l’autre dans l’onglet « Abaissement de la pression de vapeur ». La pression de vapeur pure (P°) dépend de la température : assurez-vous que la valeur saisie correspond à la température étudiée. À 25°C, la pression de vapeur de l’eau est d’environ 23.8 mmHg, contre environ 760 mmHg à son point d’ébullition de 100°C. Dans l’onglet « Deux composants », les deux fractions molaires doivent aussi totaliser 1, puisqu’elles décrivent le même mélange.

Limites et cas particuliers

La loi de Raoult n’est exacte que pour une solution idéale, où les forces entre molécules différentes sont essentiellement identiques à celles entre molécules semblables ; des liquides chimiquement proches, comme le benzène et le toluène, s’en approchent. Les solutions réelles présentant de fortes interactions spécifiques (liaisons hydrogène, interactions ion-dipôle) s’écartent des prédictions idéales, surtout aux concentrations élevées. La formule à un seul composant suppose aussi que le soluté n’est pas volatil ; s’il s’évapore également, il faut employer la forme à deux composants, qui tient compte de sa contribution à la pression totale.