Le taux de réduction de l’urée (URR) est une mesure simple et largement utilisée au chevet du patient pour évaluer l’adéquation de l’hémodialyse, c’est-à-dire la quantité d’urée, un déchet marqueur, éliminée du sang pendant une séance. Ce calculateur détermine le URR à partir des valeurs de BUN avant et après dialyse et le compare aux objectifs d’adéquation du KDOQI.

Fonctionnement du URR

Le URR représente le pourcentage de baisse de l’azote uréique sanguin (BUN) au cours d’une séance d’hémodialyse : (1 − postBUN/preBUN) × 100. L’urée étant une petite molécule qui diffuse librement, son élimination sert d’indicateur de l’efficacité globale de la prescription de dialyse — durée du traitement, débit sanguin, débit du dialysat et efficacité du dialyseur — pour éliminer les déchets.

La directive de pratique clinique 2015 NKF-KDOQI sur l’adéquation de l’hémodialyse fixe un objectif minimal de URR en pool unique d’au moins 65 % ; un résultat de 70 % ou plus est souhaitable pour de meilleurs résultats à long terme. Le URR est contrôlé régulièrement, généralement chaque mois, dans le cadre du suivi continu de la dialyse.

Entrées et leur signification

Le BUN pré-dialyse (mg/dL) est prélevé juste avant le début de la séance et reflète l’accumulation d’urée depuis le traitement précédent.

Le BUN post-dialyse (mg/dL) est prélevé immédiatement après la fin de la séance. Le moment du prélèvement est important : un prélèvement trop peu de temps après l’arrêt de la pompe peut être faussé par la recirculation au niveau de l’abord vasculaire (une partie du sang déjà épuré repasse par l’abord avant d’être complètement mélangée), tandis qu’une attente trop longue permet à l’urée de revenir dans le sang depuis les tissus et d’augmenter artificiellement la valeur, sous-estimant ainsi le URR réel. Ce calculateur ne fait que calculer le rapport ; le moment correct du prélèvement relève d’une technique clinique hors de son périmètre.

Limites et cas particuliers — URR et Kt/V

Le URR est simple, mais incomplet : il ne tient compte ni du volume de liquide éliminé par ultrafiltration pendant la séance, ni de la production d’urée qui se poursuit tout au long du traitement. Ces deux facteurs peuvent faire varier l’adéquation réelle par rapport à ce que suggère le simple rapport des valeurs de BUN. Le Kt/V (le plus souvent calculé avec la formule de deuxième génération de Daugirdas) intègre ces facteurs et le KDOQI le considère comme une mesure d’adéquation plus précise, même si le URR reste une vérification rapide et largement utilisée. Consultez l’onglet Comparaison avec le Kt/V pour connaître la correspondance approximative entre le URR et les valeurs du Kt/V en pool unique. Aucune de ces mesures ne devrait, à elle seule, conduire à modifier la prescription de dialyse : cette décision relève de l’équipe de néphrologie traitante.