Sur un ECG, l’intervalle QT varie avec la fréquence cardiaque, même chez une personne en bonne santé. La mesure brute est donc difficile à comparer entre personnes ou examens réalisés à des fréquences différentes. Le QTc, ou QT corrigé, ajuste cette dépendance afin de suivre une valeur dans le temps et de la comparer à une plage de référence. Ce guide présente les quatre formules, les seuils propres au sexe et le contexte clinique.
Pourquoi existe-t-il quatre formules ?
La formule de Bazett, publiée en 1920, fut la première correction du QT et reste la plus citée en clinique et dans les logiciels ECG. Sa limite est bien connue : RR se trouvant sous une racine carrée, la correction augmente trop fortement lorsque la fréquence s’accélère. Elle surestime ainsi le QTc en tachycardie et le sous-estime en bradycardie.
La formule de Fridericia, publiée la même année, utilise une racine cubique et corrige moins fortement aux extrêmes. Elle est généralement considérée plus précise sur une plage de fréquences plus large. Framingham et Hodges utilisent un ajustement linéaire et donnent souvent des valeurs intermédiaires lorsque la fréquence est anormale. Aucune formule n’est universellement correcte : comparer plusieurs résultats, surtout hors d’une fréquence de repos normale, donne une vision plus complète qu’un chiffre isolé.
Interpréter les seuils selon le sexe
En moyenne, le QTc de référence est plus long chez les femmes. Les seuils usuels sont donc propres au sexe : prolongation au-dessus de 450 ms chez l’homme et de 460 ms chez la femme, avec une zone limite juste en dessous. Quel que soit le sexe, un QTc de 500 ms ou plus est considéré à haut risque, associé à un risque nettement accru de torsades de pointes et nécessitant une attention clinique rapide.
Ces seuils sont des références de population, pas des seuils diagnostiques individualisés. Une mesure doit être interprétée avec la valeur de référence du patient, son évolution dans le temps et le contexte clinique.
Le QTc dans le contexte clinique
Un QTc prolongé est un signal de dépistage, pas un diagnostic. Les causes réversibles fréquentes incluent les médicaments qui prolongent le QT (certains antiarythmiques, antipsychotiques, antibiotiques et antiémétiques) et les troubles électrolytiques tels que l’hypokaliémie, l’hypomagnésémie et l’hypocalcémie. Le syndrome du QT long congénital, trouble héréditaire des canaux ioniques, peut également entraîner un QTc prolongé, parfois découvert fortuitement sur un ECG de routine.
Ce calculateur effectue uniquement le calcul : il ne vérifie pas les médicaments, les électrolytes ni ne diagnostique un syndrome du QT long. Toute valeur prolongée ou à haut risque doit être mise en relation avec l’ensemble du tableau clinique par un professionnel qualifié, et non interprétée isolément.