Le rapport PaO₂/FiO₂ (P/F) est la mesure de l’oxygénation utilisée au chevet du patient pour classer la gravité du syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) selon la définition de Berlin. Ce calculateur établit le rapport à partir de la gazométrie artérielle et le classe comme léger, modéré ou sévère.

Fonctionnement du rapport P/F

Le rapport P/F correspond simplement à la PaO₂ divisée par la FiO₂. La PaO₂ provient directement d’une gazométrie artérielle ; la FiO₂ est la fraction d’oxygène respirée par le patient, de 0.21 à l’air ambiant jusqu’à 1.0 sous oxygène à 100 %. En rapportant la PaO₂ à la quantité d’oxygène reçue, on obtient une mesure de la fonction pulmonaire plus comparable que la PaO₂ seule : une PaO₂ de 90 mmHg n’a pas la même signification à l’air ambiant que sous une FiO₂ de 90 %.

La définition de Berlin (ARDS Definition Task Force, JAMA 2012) utilise ce rapport pour classer la gravité du SDRA : léger de 200 à 300, modéré de 100 à 200 et sévère à 100 ou moins. Plus le rapport est bas, plus l’altération des échanges gazeux est sévère.

Données saisies et leur signification

PaO₂ (mmHg) désigne la pression partielle artérielle en oxygène mesurée par gazométrie. À l’air ambiant, les valeurs normales sont d’environ 80-100 mmHg ; elles sont lues directement sur le résultat du laboratoire et ne sont pas calculées.

FiO₂ (fraction) désigne la concentration d’oxygène respirée par le patient, exprimée en nombre décimal. La valeur de l’air ambiant est 0.21 ; une canule nasale, un masque ou un ventilateur administre une FiO₂ supérieure, qui doit être consignée au moment du prélèvement. Une FiO₂ incorrecte — par exemple si l’on oublie que le patient reçoit de l’oxygène supplémentaire — donne un rapport trompeusement haut ou bas.

Limites et cas particuliers

Le rapport P/F n’est que l’un des quatre critères de la définition de Berlin. Un rapport P/F inférieur ou égal à 300 ne suffit pas à diagnostiquer un SDRA : les symptômes doivent aussi avoir débuté dans la semaine suivant une agression clinique connue, l’imagerie thoracique doit montrer des opacités bilatérales qui ne s’expliquent pas entièrement par des épanchements ou un collapsus, et l’insuffisance respiratoire ne doit pas s’expliquer entièrement par une insuffisance cardiaque ou une surcharge liquidienne. Les trois degrés de gravité exigent également une PEP (ou CPAP) minimale de 5 cmH₂O au moment de mesurer la PaO₂ ; un rapport mesuré sans PEP adéquate peut sous-estimer la fonction pulmonaire réelle. Ce calculateur ne vérifie ni la PEP, ni l’imagerie, ni la temporalité, ni l’état cardiaque : il calcule uniquement le rapport d’oxygénation. Le diagnostic final de SDRA nécessite toujours une évaluation complète par un clinicien.