La pression artérielle moyenne est le chiffre qui représente le mieux la pression qui pousse réellement le sang vers les organes. En cas de choc, de sepsis et en soins intensifs, elle est plus informative que la seule pression systolique, car le maintien d’une PAM au-dessus d’un seuil constitue un objectif de traitement. Ce guide explique ce qu’est la PAM, pourquoi la formule accorde deux fois plus de poids à la pression diastolique qu’à la systolique, comment interpréter la pression pulsée en parallèle et quelles sont les limites de l’estimation au brassard.

Définition de la PAM et pondération d’un tiers (⅓)

La pression artérielle moyenne est la pression artérielle moyenne sur l’ensemble d’un cycle cardiaque : c’est la pression motrice effective qui fait circuler le sang dans les tissus. L’estimation au chevet du patient est PAM = PAD + ⅓ (PAS − PAD), ce qui équivaut à (PAS + 2·PAD)/3.

Si la PAM n’est pas simplement la moyenne des pressions systolique et diastolique, c’est une question de durée. À une fréquence cardiaque normale au repos, le cœur passe environ les deux tiers de chaque battement en diastole (relâchement, pression plus basse) et seulement un tiers en systole (contraction, pression plus élevée). La pression diastolique, plus faible, étant présente plus longtemps, la pression moyenne dans le temps est plus proche de la diastolique : celle-ci reçoit donc environ deux fois plus de poids que la systolique dans l’estimation.

Pourquoi la PAM compte davantage que la pression systolique en soins intensifs

La perfusion des organes dépend de la pression moyenne, et non du pic systolique. Une PAM inférieure à environ 60 mmHg risque de ne pas assurer un débit sanguin suffisant vers le cerveau, le cœur et les reins; une PAM basse prolongée peut provoquer une lésion ischémique. C’est pourquoi les recommandations de soins intensifs et de prise en charge du sepsis fixent souvent un objectif de PAM — fréquemment d’au moins 65 mmHg — et ajustent les liquides et les vasopresseurs pour l’atteindre.

Deux mesures ayant la même pression systolique peuvent présenter des PAM très différentes selon la pression diastolique, et donc une perfusion très différente. Un patient à 90/45 (PAM 60) se trouve dans une situation différente d’un patient à 90/70 (PAM ~77), même si leur pression systolique est de 90. Le suivi de la PAM fait apparaître cette différence; le suivi de la seule pression systolique la manque.

Pression pulsée et limites de l’estimation au brassard

La pression pulsée — systolique moins diastolique — complète la PAM. Chez l’adulte, elle est généralement de 40–60 mmHg. Plusieurs causes peuvent expliquer une valeur en dehors de cette plage; une mesure isolée ne permet pas d’identifier laquelle. Répétez les mesures et discutez des tendances persistantes avec un clinicien.

Deux réserves sont à garder à l’esprit. Premièrement, la formule du tiers suppose une fréquence cardiaque au repos à peu près normale; lorsque la fréquence cardiaque est élevée, la diastole raccourcit et la véritable PAM peut se rapprocher de la moyenne simple, ce qui fausse l’estimation. Deuxièmement, une PAM calculée à partir d’un brassard au bras n’est qu’une approximation de la valeur mesurée par une ligne artérielle invasive. Pour ces raisons, utilisez ce calculateur comme aide au dépistage et à l’éducation, et non pour prendre des décisions médicales, qui relèvent d’un clinicien qualifié.