La majeure partie de la testostérone sanguine est liée à des protéines porteuses et n’est pas immédiatement utilisable par les tissus. Ce calculateur applique l’équation de Vermeulen — méthode de calcul de la testostérone libre privilégiée par la plupart des directives cliniques — pour estimer les fractions libre et biodisponible à partir d’un bilan standard comprenant la testostérone totale, la SHBG et l’albumine.
Fonctionnement de l’équation de Vermeulen
La testostérone sanguine existe sous trois formes : environ 1 à 3 % circule à l’état libre, près de 40 à 50 % est faiblement liée à l’albumine et le reste est fortement lié à la globuline liant les hormones sexuelles (SHBG). La SHBG ayant une affinité beaucoup plus élevée pour la testostérone que l’albumine, et sa quantité étant limitée et saturable, la relation entre la testostérone totale et la testostérone libre n’est pas un rapport fixe : elle dépend de la concentration de SHBG.
L’équation de Vermeulen résout ce problème avec la loi d’action de masse : elle décrit les équilibres de liaison entre la testostérone, la SHBG et l’albumine à l’aide de leurs constantes d’association connues, puis résout l’équation quadratique obtenue pour calculer la concentration de testostérone libre. Cette méthode de calcul a été validée par comparaison à la dialyse à l’équilibre, la mesure directe de référence ; elle est aujourd’hui largement utilisée en pratique clinique et en recherche, car les immunodosages directs de testostérone libre sont reconnus comme peu fiables, en particulier lorsque la SHBG est anormale.
Les données saisies et leur signification
La testostérone totale est la mesure de laboratoire habituelle ; saisissez-la en ng/dL (unité conventionnelle aux États-Unis) ou en nmol/L. La SHBG se saisit en nmol/L, unité de compte rendu habituelle, et doit être supérieure à zéro. L’albumine est facultative : si vous ne disposez pas d’une mesure récente, le calculateur utilise la valeur par défaut de 4.3 g/dL, employée par l’équation d’origine et de nombreux calculateurs lorsque l’albumine n’est pas disponible. Saisir votre valeur réelle (issue d’un bilan métabolique complet) améliore la précision, surtout si elle est anormale.
Le résultat inclut l’indice d’androgènes libres (FAI) comme indicateur secondaire : ce rapport ancien et plus simple (testostérone totale ÷ SHBG × 100) est encore fourni par certains laboratoires, mais ignore complètement la liaison à l’albumine et est donc moins précis que le calcul complet de Vermeulen.
Limites et cas particuliers
Une valeur calculée de testostérone libre est un outil de dépistage et de suivi, et non un diagnostic à elle seule. Le diagnostic d’hypogonadisme nécessite de confronter le résultat au tableau clinique : symptômes persistants (fatigue, baisse de libido, dysfonction érectile, perte de masse musculaire, etc.) et résultat bas confirmé sur un nouveau prélèvement à jeun le matin. La testostérone suit un rythme diurne marqué et atteint son maximum tôt le matin. Le clinicien évalue aussi la LH, la FSH et l’ensemble du contexte.
Il n’existe pas d’intervalle de référence universellement validé et stratifié par âge pour la méthode calculée de Vermeulen. Les plages publiées varient sensiblement selon le laboratoire, la méthode de dosage et la population étudiée. L’onglet Intervalle de référence présente donc des valeurs indicatives couramment citées, et non un seuil diagnostique unique ; comparez d’abord le résultat à l’intervalle indiqué par votre laboratoire. Des valeurs extrêmes ou physiologiquement improbables (par exemple une albumine très basse en cas de maladie hépatique grave ou de syndrome néphrotique) peuvent aussi diminuer la précision de toute formule de calcul de la testostérone libre, y compris celle-ci.