L’indice de masse corporelle (IMC) est l’un des outils de dépistage les plus utilisés en médecine. Les médecins, les compagnies d’assurance et les organismes de santé publique s’en servent pour évaluer rapidement si le poids d’une personne se situe dans une fourchette généralement associée à de bons résultats de santé. L’IMC a de réelles limites, que nous aborderons plus loin, mais comprendre son calcul permet de mieux interpréter le résultat et de savoir quand aller au-delà de cet indicateur.

Étape 1 : mesurez votre poids et votre taille

Pour calculer votre IMC, vous avez besoin de deux mesures : votre poids et votre taille. Pour obtenir un résultat aussi précis que possible, pesez-vous le matin avant de manger et avec des vêtements légers. Mesurez votre taille sans chaussures, debout contre un mur, les talons, le dos et la tête appuyés contre celui-ci.

Si vous utilisez le système métrique, notez votre poids en kilogrammes et votre taille en mètres. Si votre taille est en centimètres, divisez-la par 100 pour la convertir en mètres. Pour les unités impériales, notez votre poids en livres et votre taille en pouces. Si vous connaissez votre taille en pieds et en pouces, multipliez le nombre de pieds par 12 et ajoutez les pouces restants (par exemple, 5'8" = 68 pouces).

Étape 2 : appliquez la formule de l’IMC

Formule métrique

La formule métrique de l’IMC consiste à diviser votre poids par le carré de votre taille :

Formule : IMC (métrique)
BMI = weight (kg) / height (m)²

Exemple : une personne pesant 75 kg et mesurant 1.78 m a un IMC de 75 / (1.78 × 1.78) = 75 / 3.1684 = 23.7.

Formule impériale

Avec les livres et les pouces, il faut appliquer un facteur de conversion de 703 pour obtenir le même résultat que le calcul métrique :

Formule : IMC (impérial)
BMI = (weight (lb) × 703) / height (in)²

Exemple : une personne pesant 165 livres et mesurant 70 pouces a un IMC de (165 × 703) / (70 × 70) = 115,995 / 4,900 = 23.7.

Les deux formules donnent exactement le même résultat. Le facteur 703 sert uniquement à assurer la conversion entre les systèmes métrique et impérial.

Étape 3 : interprétez votre catégorie d’IMC

L’Organisation mondiale de la Santé définit quatre catégories principales d’IMC pour les adultes. Ces seuils ont été établis à partir de grandes études épidémiologiques reliant les catégories d’IMC aux résultats de santé dans différentes populations :

IMCCatégorieConséquences possibles pour la santé
Inférieur à 18.5Insuffisance pondéraleRisque de carences nutritionnelles et d’affaiblissement du système immunitaire.
18.5–24.9Poids normalRisque statistique le plus faible de maladies liées au poids
25.0–29.9SurpoidsRisque accru de maladie cardiovasculaire et de diabète de type 2
30.0 ou plusObésitéRisque nettement accru ; réparti en classes I, II et III

L’IMC de 23.7 de notre exemple précédent se situe clairement dans la catégorie de poids normal. Toutefois, ces seuils sont des repères à l’échelle de la population, pas des diagnostics individuels. Un médecin tiendra toujours compte d’autres facteurs avant de formuler des recommandations de santé.

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Étape 4 : comprendre les limites de l’IMC

L’IMC est un outil de dépistage, pas un outil de diagnostic. Il présente plusieurs limites bien documentées qu’il est important de comprendre :

  • Il ne distingue pas les muscles de la graisse. Un athlète musclé et une personne sédentaire de même taille et de même poids auront le même IMC, malgré des compositions corporelles très différentes. Un joueur de football américain mesurant 6 pieds et pesant 220 livres a un IMC de 29.9 (surpoids), même avec 12 % de masse grasse.
  • Il ne tient pas compte de la répartition des graisses. La graisse abdominale (viscérale) comporte des risques pour la santé nettement plus élevés que la graisse stockée au niveau des hanches et des cuisses. Deux personnes ayant le même IMC peuvent présenter des profils de risque très différents selon la répartition de la graisse dans leur corps.
  • Il ne tient pas compte de l’âge ni du sexe. Les femmes ont naturellement davantage de masse grasse que les hommes ayant le même IMC. Les adultes plus âgés ont tendance à avoir davantage de masse grasse et moins de muscle que les adultes plus jeunes ayant un IMC équivalent.
  • Il existe des variations selon les populations. Des études indiquent que certaines populations asiatiques peuvent présenter des risques pour la santé à des seuils d’IMC plus bas (23 au lieu de 25), tandis que certaines populations des îles du Pacifique peuvent présenter un risque moindre à des valeurs d’IMC plus élevées.

Pour obtenir une vue plus complète, associez votre IMC à votre métabolisme basal (BMR) et à votre dépense énergétique journalière totale (TDEE). Ces indicateurs tiennent compte de votre niveau d’activité et peuvent vous aider à prendre des décisions plus personnalisées en matière de nutrition et de forme physique.

Quand l’IMC est le plus utile

Malgré ses limites, l’IMC reste un outil de dépistage initial rapide et gratuit, qui ne nécessite aucun équipement particulier. Il est utile pour suivre l’évolution des tendances au sein de la population générale et repérer les personnes qui pourraient bénéficier d’une évaluation complémentaire. Une variation importante de l’IMC sur plusieurs mois ou années constitue un signal pertinent, même si la valeur absolue ne reflète pas parfaitement la composition corporelle.

À retenir

  • Deux formules, un même résultat. Utilisez poids (kg)/taille (m)² pour le système métrique, ou (poids (lb) × 703)/taille (po)² pour le système impérial.
  • Quatre catégories définissent les catégories standard : insuffisance pondérale, poids normal, surpoids et obésité.
  • L’IMC est un outil de dépistage, pas un diagnostic définitif. Il doit être associé à d’autres évaluations pour prendre des décisions individuelles.
  • Les muscles, la répartition des graisses, l’âge, le sexe et l’origine ethnique influencent tous l’interprétation de l’IMC pour une personne donnée.