La pollution de l’air est l’un des principaux risques environnementaux pour la santé dans le monde ; selon l’OMS, elle cause environ 7 millions de décès prématurés par an. L’indice de qualité de l’air résume la chimie complexe de l’atmosphère en un chiffre facile à lire et en conseils sanitaires concrets. Comprendre son calcul et ses catégories aide à se protéger, ainsi que sa famille, les jours de forte pollution.

Les six polluants derrière le chiffre

L’AQI américain est calculé séparément pour six polluants critères — PM2.5, PM10, ozone au niveau du sol (O₃), dioxyde d’azote (NO₂), dioxyde de soufre (SO₂) et monoxyde de carbone (CO) — et la valeur la plus élevée d’un polluant constitue l’AQI communiqué pour un lieu et une période donnés. Les PM2.5 dominent souvent dans les villes américaines, surtout lors des épisodes de fumée des feux de forêt. L’ozone est la principale préoccupation estivale des zones urbaines où les gaz d’échappement et la chaleur favorisent le smog photochimique. Le NO₂ et le SO₂ sont liés à l’industrie et au trafic, surtout près des autoroutes et des centrales. Le CO concerne davantage les zones à forte circulation et les intérieurs mal ventilés. Comme l’AQI indique le polluant le plus défavorable, et non une moyenne, il rend compte prudemment du risque sanitaire de l’air du jour. L’EPA actualise périodiquement ses seuils à mesure que les études épidémiologiques précisent les effets sanitaires des différentes concentrations.

Ce que chaque catégorie AQI signifie pour les activités quotidiennes

Les six bandes de couleur de l’AQI correspondent à des effets sanitaires et à des mesures de protection spécifiques. À AQI 0–50 (bon, vert), le risque est faible ou nul et les activités extérieures ne sont pas limitées. AQI 51–100 (modéré, jaune) est acceptable pour la plupart des personnes, bien que les personnes très sensibles puissent ressentir de légers effets. À AQI 101–150 (malsain pour les groupes sensibles, orange), les enfants, les personnes âgées et celles qui ont une maladie respiratoire ou cardiovasculaire devraient limiter les efforts prolongés dehors ; les adultes en bonne santé ne sont généralement pas affectés. AQI 151–200 (malsain, rouge) affecte tout le monde : les adultes en bonne santé devraient limiter l’exercice dehors et les groupes sensibles l’éviter. AQI 201–300 (très malsain, violet) justifie de rester à l’intérieur ; tous devraient éviter les efforts dehors. Au-dessus de 301 (dangereux, bordeaux), il s’agit d’une urgence sanitaire : toute la population est à risque et il faut éviter toute activité extérieure. Lors des feux de forêt, des capteurs communautaires indiquent parfois un AQI supérieur à 500, alors que l’échelle officielle de l’EPA s’arrête à 500.

Normes de qualité de l’air : EPA américaine et OMS

Les normes réglementaires américaines et les recommandations de l’OMS diffèrent sensiblement, notamment pour les PM2.5. La norme nationale de l’EPA américaine est de 9 μg/m³ en moyenne annuelle et de 35 μg/m³ sur 24 heures. Les recommandations révisées de l’OMS de 2021 sont plus strictes : 5 μg/m³ par an et 15 μg/m³ en moyenne sur 24 heures. De nombreuses villes américaines qui respectent la norme EPA dépasseraient encore la recommandation de l’OMS ; leurs habitants peuvent donc subir des effets que le seuil réglementaire américain ne reflète pas. Une exposition prolongée aux PM2.5 sous la norme annuelle de l’EPA est associée à un risque accru de maladie cardiovasculaire, de cancer du poumon et de déclin cognitif chez les personnes âgées. Cet écart reflète les données scientifiques actuelles et les arbitrages nécessaires à la définition des limites réglementaires. Il est particulièrement conseillé aux personnes sensibles et aux familles avec de jeunes enfants de prendre les recommandations de l’OMS comme repère personnel, sans attendre une alerte officielle « malsaine » de l’AQI.