Les acquéreurs et les analystes utilisent la valeur d’entreprise pour évaluer une société, plutôt que la seule capitalisation boursière. Elle répond à la question « combien coûterait réellement l’achat de toute cette entreprise ? » en tenant compte de la dette reprise et de la trésorerie récupérée.

Pourquoi utiliser l’EV plutôt que la capitalisation boursière

La capitalisation boursière ne valorise que les capitaux propres, c’est-à-dire la part détenue par les actionnaires actuels. Mais un acquéreur de l’entreprise entière reprend aussi ses dettes et bénéficie en même temps de sa trésorerie. Deux sociétés ayant la même capitalisation boursière peuvent donc avoir des valeurs d’entreprise très différentes si l’une est fortement endettée et l’autre dispose d’importantes réserves de trésorerie. L’EV tient compte de ces éléments en ajoutant la dette et en soustrayant la trésorerie, afin de donner une image plus complète du coût total d’acquisition.

Effet de la dette et de la trésorerie sur le coût d’acquisition

Chaque dollar de dette augmente la valeur d’entreprise d’un dollar, car l’acquéreur doit soit rembourser la dette, soit continuer à en assurer le service. Chaque dollar de trésorerie réduit la valeur d’entreprise, car l’acquéreur peut utiliser cette somme dès la clôture, ce qui diminue de fait le prix d’achat. Une entreprise dont la trésorerie dépasse la dette est en situation de « trésorerie nette » et peut avoir une valeur d’entreprise inférieure à sa capitalisation boursière.

Interpréter le multiple EV/EBITDA

Le ratio EV/EBITDA divise la valeur d’entreprise par l’EBITDA pour obtenir un multiple de valorisation comparable entre sociétés, quels que soient leur endettement ou leur régime fiscal. Un multiple de 6x signifie que l’entreprise est valorisée à six fois son EBITDA annuel. Un multiple raisonnable varie fortement selon le secteur, la croissance et les conditions de marché ; il est donc surtout utile pour comparer des sociétés similaires, et non comme critère de jugement isolé.